anthropocène
Dans cette série, certaines photos ne tiennent que par les autres, simples ponctuations pour faire lien et inappropriées dans un autre contexte.
De ce fait, ce projet ne peut être présenté que sous forme de fresque murale ou avec un pliage « accordéon » pour une édition papier.
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Anthropocène
fresque
Hier, Chauvet, Lascaux, Altamira…, autant de sublimes fresques du paléolithique marquant l’entrée de l’humain dans l’âge de la magie et de la création. Mystère et probablement émerveillement en cette aube du Quaternaire qui aboutit à l’Anthropocène*, commencé par la sédentarisation puis amplifié par l’utilisation des machines et désormais offert à l’accumulation généralisée et à tous les débordements dont on peut craindre qu’ils ne figurent l’autre extrémité de ce singulier parcours. Simple constat et fresque pour tenter de dire ce temps là.
Entrevue ensuite d’un lieu propice à ce projet : une bibliothèque urbaine avec ses lueurs et ses va-et-vient silencieux, contemporains en quête de savoirs et d’autres sois stimulants, salles immenses, passages étroits, puits, signes, étranges apparitions… Chercher, malgré l’irrémédiable perte, un peu de magie parmi cette fraternité silencieuse et cette accumulation débordante de savoirs et d’objets rendue plus visible encore par l’architecture du lieu. Autres lueurs : plaisir, partage, ouverture, discernement… Curiosité et émerveillement sensible qui fait lien avec ces lointains si proches.
Pour les influences, elles sont multiples : art pariétal en premier et aussi Renaissance primitive, Rembrandt, et plus près Vuillard, Munch, Spilliaert… et photographiques : Saul Leiter, Harry Gruyaert et bien d’autres. D’autres rapprochements sont apparus en route : Piranèse, street art, Godard surtout pour la forme et l’approche. Son dernier film s’appelle « Le Livre d’image », je vois aussi mon projet comme un film fait d’images fixes. Je me sens aussi en adéquation avec son approche un peu « foutraque » en apparence mais qui permet de rapprocher des formes contradictoires : déconstruction et classicisme, sarcasme et profondeur, ressassement et interrogation, forme bâclée et structurée, ironie et sérieux, distanciation et implication. Pour la structure, c’est une succession d’images classiques avec une approche contemporaine qui ne cherche pas à « sauter aux yeux ». En dehors du post-traitement habituel, c’est une sorte d’ « Arte Povera » des effets numériques se limitant au flou, à la superposition et au collage sans chercher à les dissimuler avec quelques ajouts qui me semblaient significatifs. Tout à la fois fresque du lointain, film d’images, street art et street photo d’intérieur.